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Dans la roue d’un « mordu » du Paris-Brest-Paris

gerard-claudonCet été, Gérard Claudon, un Villecresnois passionné par le vélo, a participé pour la 7e année à la célèbre course de cyclotourisme, soit 1 230 km non-stop.

 

C’est quoi le Paris-Brest-Paris ?

Cette course de cyclotourisme a lieu tous les quatre ans, c’est le summum mondial de ce qui se fait. Elle a été lancée en 1891. Cela fait 28 ans que j’y participe. Il faut parcourir 1 230 km en moins de 90 heures en roulant jour et nuit. C’est effectivement exceptionnel, c’est un raid d’à peine 4 jours et 4 nuits.

Qu’est ce qui vous motive à faire ce raid ?

Quand on fait du vélo, on veut toujours parcourir plus de kilomètres, on pousse avec la montagne. Le plus grand challenge étant le Paris-Brest-Paris, on commence à y penser et un jour on saute le pas. C’est un défi, cela sort de la routine. C’est aussi se prouver à soi-même que l’on peut faire des choses qui sont moins aseptisées que tout ce que l’on vit en permanence.

Comment vous préparez-vous à une telle épreuve?

Il faut beaucoup d’entrainement. Pour avoir le droit de participer, il faut faire des brevets qualificatifs de 100 à 600 km. Je me prépare un an à l’avance. Ce n’est pas donné à tout le monde au niveau mental, il faut également vaincre le sommeil. On descend très peu du vélo pour dormir et il faut toujours avoir le chronomètre dans la tête. Cette année, j’ai dormi 4 heures en 4 jours.

Avez-vous fait des rencontres ?

C’est une aventure solitaire au sein d’un groupe. Chaque aventure est variable, cette année nous sommes partis à plusieurs avec François Lopez du Vélo Sportif Villecresnois. Nous étions 6 100 participants avec à peine 40 % de français. C’était fabuleux. On retrouve des personnes, on rencontre des Américains, Indous, Kazakhs, Japonais, Ouzbeks, Néo-Zélandais… 64 nations réunies et tous dans la même galère !

Quels souvenirs gardez-vous de cette épreuve?

L’accueil de la Bretagne est formidable, jour et nuit les gens nous applaudissent sur les bords de la route. Les paysages sont magnifiques. C’est une aventure extraordinaire, avec des situations étonnantes. Nous sommes comme les marins, quand on va un peu loin dans le manque de sommeil, nous avons des hallucinations. On peut voir des vaches qui passent au-dessus des vélos, des ombres formant des précipices sous nos roues ! Et puis les participants dorment partout dans les villes, au milieu des ronds-points, au bord de la route, la tête dans leur assiette.

À quoi pensez-vous quand vous franchissez l’arrivée?

Cette année, je suis arrivé en 85 heures. En arrivant on est soulagé, heureux comme tout, et presque nostalgique. Durant ces jours, on traverse un autre monde, il faut alors revenir sur
terre. J’ai commencé à 30 ans et je souhaite faire 10 Paris-Brest-Paris. Je connais beaucoup de gens qui ne veulent plus en entendre parler, moi je suis prêt pour dans 4 ans !

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